dimanche 16 janvier 2011

"Changer structurellement l'école" : les propositions de Bruno Julliard

Le fil Twitter de Bruno Julliard, responsable du PS, en charge des questions éducatives, renvoie ce dimanche soir vers son intervention à l'Université Populaire Participative au Théâtre du Soleil le 15 janvier 2011 sur le thème "Quel avenir pour l'éducation?"


J'ai transcrit le plus fidèlement possible le discours développé dans cette intervention, d'une part car la qualité sonore n'est pas très satisfaisante, d'autre part pour permettre une lecture transversale et ouvrir le débat. 


Bruno Julliard


En introduction, Bruno Julliard commente Pisa et explique les résultats français par la politique gouvernementale :
  • ségrégation scolaire est amplifiée par l'assouplissement de la carte scolaire, alors que PISA pointe déjà la France pour ce problème
  • moins de professeurs et de moyens, par exemple 15% d'investissement en moins par élève en primaire comparé aux pays de l'OCDE
  • semaines de 4 jours, fin de la scolarisation des enfants de deux ans
  • augmentation du nombre d'élèves par classe
« La droite a amplifié les inégalités scolaires, mais les difficultés du système scolaire sont beaucoup plus profondes que les conséquences de la politique actuelle, structurellement (applaudissements). Selon pisa, à investissement légèrement supérieur, nous avons des résultats légèrement inférieurs à la moyenne des pays de l'OCDE. Ce n'est donc pas qu'une question de moyens et il ne suffira pas de dire qu'il suffira de revenir sur la totalité des mesures prises par la droite. »

« Nous devons proposer un projet de rupture éducative. Trois points de rupture :
  • premier point de rupture, c'est le caractère profondément élitiste et sélectif de notre système éducatif (applaudissements). On voit notre système de notation complètement archaïque à l'école primaire, par la sélection à tous les échelons de notre système éducatif, qui n'est finalement organisé que pour former des élites dans les classes prépa et les grandes écoles (applaudissements). Deuxième problème, aucun sort n'est réservé à ceux qui sont en situation d'échec. A propos de l'expression d' « élitisme républicain », BJ se demande ce qu'il y a de républicain dans un système qui laisse sortir tous les ans 150000 jeunes sans qualification scolaire. Une seule conséquence, la reproduction des inégalités sociales (applaudissements). Cet élistisme et cette compétition scolaires sont très ancrés dans la société (il prend l'exemple de la proposition de Coppé d'introduire un examen en fin de primaire pour entrer en collège) et il faut donc préparer un changement culturel. Une autre école est possible, mais les fondements sont à rénover.
  • La lutte contre l'échec passe par tous les acteurs du système éducatif, et non pas seulement du système scolaire. La réussite de tous est atteignable. Avec l'objectif en fin de scolarité obligatoire du socle commun de connaissances et de compétences, nous inversons la charge de la preuve, en faisant au c'est à l'école elle-même de s'adapter pour faire accéder ses élèves à ce socle de connaissances et de compétences (applaudissements). La réussite ne doit pas être que la réussite scolaire, traditionnelle et disciplinaire que nous entendons.
  • Il faut donc proposer un projet qui ne soit éducatif et non pas uniquement scolaire, en s'adressant à l'éducation populaire qui souffre, aux associations de quartiers qui font un travail éducatif (applaudissements), aux associations culturelles. »
« Le problème est qu'en 2012 nous devrons faire des choix, et que tout ne sera pas possible pour des raisons budgétaires. Il faut donc travailler à la priorisation.
  • Pour moi la première des priorités sera la scolarité obligatoire, en mettant le paquet sur le début de cette scolarité, qui intègre la maternelle, avec même un droit pour les enfants de deux ans avec une passerelle vers un service public de la petite enfance digne de ce nom. Il faut en finir avec la semaine des 4 jours, bien que populaire pour certains, mais qui creuse les inégalités. Ensuite, c'est la transformation radicale du collège, qui ne peut plus être organisé comme ce petit lycée qui trie et sélectionne les élèves, mais qui doit d'abord être la continuité de la scolarité obligatoire et donc la continuité de l'école primaire. Il faut dans ce sens donner plus de pouvoirs aux équipes éducatives des collèges (il ne prononce pas le mot d'autonomie).
  • L'autre priorité sera de rétablir la formation professionnelle initiale et continue de tous les professionnels de l'éduccation, et pas seulement des enseignants. La formation continue doit être obligatoire pour s'adapter aux résultats des recherches pédagogiques, pour d'adapter à un monde qui change, mais aussi pour l'avenir même de ces enseignants. Cette formation professionnelle est associée à la mobilité des enseignants (point à éclaircir).
  • Troisième priorité, la question des ZEP et des établissements en grande difficulté. Il faut rétablir la carte scolaire tout en évitant la ghettoïsation de certains quartiers, et donc revoir cet instrument de sectorisation. Il faut alors revoir la question des moyens attribués aux établissements en fonction de cette question de la mixité nécessaire à la réussite du système scolaire (applaudissements) »
En conclusion, Bruno Julliard bat en brèche l'idée du conservatisme enseignant, qui ne voudrait pas faire changer les choses. Beaucoup d'équipes enseignantes, notamment dans des établissements innovants, attendent le vent du changement. Les refus de certaines d'années s'expliquent pour BJ par avant tout la régression sociale des réformes entreprises par le gouvernement de droite. BJ est convaincu qu'en redonnant le contenu de progrès scolaire et social au projet éducatif, les enseignants suivront les réformes.
« Si on devait résumer le projet socialiste de 2012 pour l'école, ce serait de dire que la réussite scolaire ne doit plus être l'exacte symétrie des origines sociales et culturelles des jeunes (applaudissements). On ne peut plus se satisfaire d'améliorations à la marge, de quelques pansements sur un système qui structurellement ne va pas bien, où il faut mobiliser des moyens, mais surtout qui doit être l'engagement politique majeur de tous les responsables politiques de la gauche (applaudissements). »

Sur le blog Prof en Campagne, d'autres interventions en vidéo sur la question éducative lors de cette Université populaire éducative

jeudi 13 janvier 2011

Du collège unique au collège du socle ?

Imaginons le collège de demain, c'était le thème du colloque organisé mercredi 21 janvier par le SE-UNSA en partenariat avec le CRAP et le Café pédagogique. Une journée dense et riche où les arguments en faveur d'un collège du socle commun ont émergé, à l'heure où sa mise en oeuvre chaotique interpelle et interroge les enseignants.

Voici mes premières notes, reprenant les propos de Roger-François Gauthier, consultant à l’UNESCO et professeur associé à l’université Paris V.

"Quels contenus d’enseignement ? Quelles modalités d’évaluations au collège ?  

Est-ce le bon moment ? La question se pose-t-elle différemment depuis la fondation du collège unique en 1975 ?

Le collège est-il venu régulièrement sur l'agenda politique ? Oui, pendant longtemps, désigné comme le maillon faible du système éducatif. Le premier degré est resté longtemps à l'écart, alors que le lycée a suscité du consensus sur le rééquilibrage des filières et la revalorisation du professionnel.
Pour le collège, des oppositions sur sa définition première et politique : le collège unique. Les attaques sont régulières ("collège unique, collège inique"), mais aussi sa défense. Pas de consensus donc sur le collège unique. Les sauvetages viennent d'intellectuels convoqués par les ministres, dénonçant le risque d'un recul sans précédent. Cependant l'argumentaire de défense s'érode. 
Se porter sur les référentiels de contenus (le socle commun) a permis de passer à un autre stade, et on entend moins la critique du collège unique.
Cette résistance au collège unique peut est fondée. Les enseignements du collège, anti-chambre du lycée, ne sont pas adaptés à tous les élèves. "Ces élèves ne sont pas à leur place". Pour l'auteur, ces remarques sont justes !
Soit on va plus loin et on invente le collège unique jusqu'au bout, soit on remet en cause ce collège unique dont les enseignements ne sont pas adaptés à tous

Imaginer demain : la plus grande partie des professeurs sont dans la conscience que le modèle antérieur a atteint ses limites et émerge une volonté de bouger parallèlement à des angoisses. Peu d'immobilisme donc pour l'orateur d'après ces rencontres de professeurs dans les établissements.
Et l'outil du socle commun est une fenêtre pour changer, venant non pas du ministère mais de la représentation nationale.

1. Pessimisme : le risque majeur serait que le collège de demain soit une consécration du collège existant !

Le chemin ancien est fort, pas facile à bouger. Le collège va de soi ! Le collège se différencie du primaire, avec des professeurs à identité disciplinaire, avec des gestions et des langages différents. C'est une structure forte. La rupture entre primaire et secondaire risque de se maintenir. Le premier degré est-il dédié aux fondamentaux et le collège à la culture disciplinaire ? La liaison primaire-collège risque de se prolonger, alors qu'on ne s'interroge pas assez sur l'archéologie de ses marches.
Le paradigme pédagogique du collège risque aussi de se maintenir : disciplines, peu de liens entre elles (pensons  à toutes les "éducations à"), des programmes nationaux et mystérieux (sur les choix des contenus, pas toujours perçus), orientation vers le professionnel par défaut et décidé par l'institution (ce qui a un poids énorme sur leur avenir), du contrôle continu, du rendu des résultats sous forme de moyennes qui alimentent le tri sélectif du lycée. Ce modèle est ancré dans des habitudes et des textes !

Plus préoccupant, sans contrepoids, le contexte est pour le collège de fournir des résultats, de rendre des comptes à l'institution. L'orateur est préoccupé par ce fait qui risque de mettre en compétition des établissements. Ce n'est pas que l'institution ne doive pas demander des comptes, mais cette demande technocratique forte (inspirée par la LOLF notamment) doit s'arrêter à la porte de la salle des profs, qui ne peuvent la prendre en compte. Divorce entre des demandes de résultats fondés dans son principe mais des indicateurs non pensés en terme de pédagogie. Comment mesurer des résultats dans un collège. Faire parler les résultats du DNB ? "soyons sérieux", selon l'orateur.Tout cela ne se fait pas au service de l'amélioration des résultats des élèves, dérive technocratique.Ce collège peut donc devenir encore plus excluant, avec un socle qui sera celui des pauvres ?
A l'origine, le collège, pensé comme l'anti-chambre du lycée, se concevait pour un public qui était homogène. Les moyennes n'y avaient pas de contestations. On créait des résultats sur 20 pour orienter. Ce système s'est imposé à la massification.

Sommes-nous les seuls, en France, confrontés à ces problèmes ? Il a fallu du temps pour comprendre que la politique de l'accès n'entraine pas automatiquement la politique du succès. Ouvrir les portes de l'école doit amener à la refonder.Beaucoup de personnes s'interrogent sur le modèle scolaire dans les instances internationales. Des attaques viennent notamment du e-learning, présentée comme la voie de la marchandisation de l'éducation. Ce n'est pas une rêverie. Cette perspective de segmentation d'une offre d'éducation va au contraire du socle commun.

2. cahiers des charges d'un collège de demain qui serait autre et qui répondrait aux défis actuels
Quatre entrées (risques/réponses) :

a) Comment construire le collège du socle commun ? Il faut surmonter le soupçon de la "primarisation" du collège. Le socle est un objectif. Il a pleins de défaut, aura sans doute d'autres versions (peu de travaux de recherche pris en compte) mais a un immense mérite : l'objectif culturel. Ce n'est pas un socle instrumental (des moutures avaient circulé, avec des versions libérales supprimant l'histoire). Le Parlement a rétabli une logique française. Régulièrement, des personnes qui n'ont pas lu le socle le ramène à des savoirs instrumentaux (lire, écrire, compter). Cette vision est restrictive et archaïque ! Rappeler aussi que la culture commence aussi à la maternelle. Attention aux effets pervers, et gardons une vision systémique. Donc des obstacles intellectuels (focalisation archaïque) sont à surmonter.

b) Comment construire le collège des savoirs responsables ? 
Le mot "compétence" inquiète les professeurs, tant l'institution a tout fait pour qu'il inquiète. Ce serait la fin des savoirs pour une école tournée vers les besoins du patronat ! Evitons les guerres de religion. 
Un philosophe sénégalais relisant Platon s'interroge (Ménon et l'esclave et le problème du carré de surface double) pour savoir si Socrate enseigne des savoirs ou des compétences, et conclut que Socrate enseigne bien tout simplement. La question est surtout d'enseigner mieux à travers la découverte progressive de la complexité. Ce n'est pas une mise au rencart des savoirs.
Une fois que ces savoirs sont enseignés, quel en est l'effet ? Qu'est-ce qui est passé, qu'est-ce qui imprègne les élèves ou pas ? Le collège ouvre des boîtes passionnantes, des questions sur les fondements des savoirs scolaires, dont nous ne sommes pas propriétaires. Nous avons des métiers de professionnels face aux savoirs scolaires, tout simplement. Le sens des apprentissages doit être réassuré, il en tirera plus de légitimité
Au-dessus des programmes, le socle est une recommandation de la représentation nationale.

c) Comment construire le collège de la mise en confiance ?
Il est important de rappeler que le collège est fondé sur la fabrication de résultats qui sont inacceptables dans leur fondement intellectuel : tout est agrégé par la moyenne, par la question du passage en classe supérieure, par la réussite au brevet. On court de décisions définitives en décisions définitives, le pire étant l'orientation. Il faut imaginer autre chose, de plus chromatique ( et non plus en noir et blanc), pour prendre en sérieux les savoirs scolaires. La note est inutile si elle ne fait qu'enfoncer les élèves. Se détacher d'appréciations sur le niveau moyen des élèves.

d) Comment construire le collège de la mise en conscience ?
Le risque est aussi qu'on ne voit pas autre chose. Les collèges sont tous identiques, définis de manière uniforme au niveau national. Le contrôle est permanent, par l'inspection des enseignants (inadaptée pour l'auteur). Ce qui frappe l'auteur, c'est la très faible conscience de ce que font les acteurs des collèges, de l'impact des actes. Les établissements doivent prendre conscience de leurs actions, en s'auto-évaluant. S'ils ne veulent pas être caricaturés par des évaluations externes qui ont peu de sens, il faut prendre en charge l'amélioration des apprentissages dans le collège. L'auto-évaluation interne doit être au programme des établissements. L'amélioration doit venir des établissements (dynamique écossaise) : c'est un appel à l'autonomie et à la responsabilité des collèges.
 
Ces notes se veulent les plus fidèles possibles aux propos de Roger-François Gauthier, sans intention de les détourner.

Pour en savoir plus :

lundi 10 janvier 2011

Le collège idéal ? J'y pense, et vous ?

Il est enfin question du collège dans le débat public (le PS et l'UMP ont déjà formulé des propositions de réforme pré-électorales). Plusieurs rapports accablent le collège unique (Grosperrin, HCE, Cour des Comptes), qui serait le maillon faible du système scolaire. Derrière la critique, des projets politiques et de société différents s'affrontent, allant d'une réaffirmation du collège unique autour du socle commun, au retour au collège ancien, qui sélectionne encore plus les élèves autour des notes et de la transmission des connaissances. Cet article est nourri de nombreuses lectures sur le sujet, et c'est tout simplement une piste développée par un praticien passionné par son métier (qui s'apprend, nonobstant les politiques actuelles) et par les questions éducatives. Ce ne sont que quelques propositions pour renouveler le collège pour la réussite des élèves et pour le bien-être de tous ses acteurs (élèves, personnels, parents) du collège. Un projet adaptable au collège unique, pour une révolution en douceur !

Les nerfs de la guerre : le temps et les moyens

L'article 34 de la loi d'orientation pour l'avenir de l'école permet aux établissement de modifier la structure rigide de l'enseignement, pour la réalisation du projet pédagogique, pour une durée de cinq ans au maximum.

Un simple constat : passer à des cours de 45 min permet de récupérer 10 mn/séance, soit :
  • 180 minutes récupérées pour un professeur certifié qui assure 18H/semaine, soit 3 heures
  • 260 minutes récupérées pour une classe et par élèves qui assistent à 26H/semaine, soir 4H et 20 minutes

Pour optimiser les périodes de cours en classe : prévoir des séances d'1H30.

Exemple d'EDT en 6e

Lundi matin
8H – 8H30 : accueil des élèves (ateliers divers)
8H30 – 10H : Français
10H15 – 11H45 : Anglais (S1) ou HG (S2)
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

12H-13H25 : pause méridienne

Lundi après-midi
13H30 – 15H : EPS
15H15 – 16H30 : Ateliers interdisciplinaires (un par trimestre)

Mardi matin
8h30-10H : Mathématiques
10H15 – 11H45 : Technologie (S1) ou SVT (S2)
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Mardi après-midi
13H30 – 15H : Evaluations – socle commun (2 matières/semaine) avec auto-correction
15H15 – 16H30 : tutorats – ppre – Méthodologie

Mercredi matin
8h30-10H : Histoire-Géo (S1) Anglais (S2)
10H15 – 11H45 : Français
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Jeudi matin
8H-8H30 : accueil des élèves (ateliers divers – projets personnels)
8h30-10H : Mathématiques
10H15 – 11H45 : Anglais (S1) Histoire-Géo (S2)
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Jeudi après-midi
13H30 – 15H : Arts Plastiques (S1) Musique (S2)
15H15 – 16H30 : projets collectifs encadrés - Oeuvre

Vendredi matin
8h30-10H : Mathématiques
10H15 – 11H45 : Anglais (S1) Histoire-Géo (S2)
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Vendredi après-midi
13H30 – 15H30 : EPS (S1) / CESC (S2)
15H15 – 16H30 : vie de classe par le PP

Présentation des heures diversifiées

L'accueil des élèves est concu comme un sas anxyolithique entre le temps de la maison et celui de l'école. Les élèves s'attellent à une activité qu'ils doivent apprendre à gérer en autonomie. 4 professeurs et 4 autres membres du personnel encadrent les élèves, pourquoi pas des parents volontaires compétents ? Les heures d'accueil ont lieu deux jours par semaine pour un niveau de classe, mais jamais le mercredi matin. Ils sont couplés ainsi : les 6e avec les 3e, les 5e avec les 4e, ce qui favorise sur les années le brassage et l'intégration des élèves.

Les ateliers interdisciplinaires concernent au minimum deux disciplines. Ils alternent des thématiques liées à l'histoire des arts notamment, ou des ateliers plus pratiques ou plus technologiques, faisant intervenir les laboratoires. Ils doivent permettre d'étudier des notions et des compétences interdisciplinaires facilitant la mise en oeuvre du socle commun.

Les semaines de bilan et thématiques = avant la fin d'un trimestre = une semaine thématique dans laquelle tout le collège est engagé. Les structures/classes peuvent être revues.
Peut se composer en différents modules :
  • évaluation/remédiation et progression dans le socle commun.
  • Présentation des oeuvres et des projets individuels et collectifs
  • Sorties sur un thème étudié durant le trismetre
  • expositions ouvertes aux parents d'élèves
  • rencontres avec des intervenants extérieurs, ouverture du collège
  • des récompenses et des diplômes ? Penser à ce que ce ne soit pas discriminatoire.
  • Temps de réunion et de formation interne pour les professeurs
  • Evaluation des oeuvres par des jurys de troisième
Pour chaque semaine, les emplois du temps sont donc à revoir complètement. Les élèves doivent aussi pouvoir exercer des choix d'activités.

L'heure de vie de classe appartient au professeur principal. Elle permet de faire le bilan de la semaine, d'évoquer les problèmes rencontrés. Basée sur l'ATP. Penser à une progression intercycle.

Les projets collectifs encadrés doivent naître de l'initiative des élèves et mobiliser à la fois des savoirs scolaires et des savoirs non-scolaires. Ils aboutissent sur une réalisation, une « oeuvre » faite pour être montrée, exposée ou publiée, notamment lors des semaines de bilan thématiques. Ces projets collectifs sont encadrés par des enseignants. Au cour de l'année, les élèves doivent obligatoirement mener un projet numérique validant des démarches de recherche.

Le cahier personnel concerne toutes les disciplines, et porte sur le travail de l'élève. L'élève doit verbaliser seul les activités et les apprentissages effectués au collège. Il peut noter les diffficultés qu'il rencontre. Ce cahier est aussi objet de communication entre la famille, les parents, les élèves, la communauté scolaire. Il remplace le cahier de texte.

Les tutorats sont des dispositifs variés : tutorat prof-élève(s), tutorat entre élèves (y compris de classes et niveaux différents), PPRE... Il nécessite 2 adultes/classe. L'organisation des tutorats appartient en premier aux professeurs principaux, à partir des heures de vie de classe.

Voici une possibilité d'EDT en classe de 5e puis de 3e

Exemple d'EDT en classe de 5e

Lundi matin
8H30 - 10H : Français
10H15 – 11H45 : Anglais
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

12H-13H25 : pause méridienne

Lundi après-midi
13H30 – 15H : EPS
15H15 – 16H30 : Technologie

Mardi matin
8H : accueil
8H30-10H : Histoire-Géo
10H15 – 11H45 : Mathématiques
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Mardi après-midi
13H30 – 15H : Projets collectifs encadrés - Oeuvre
15H15 – 16H30 : SVT

Mercredi matin
8H-8H30 : accueil des élèves
8h30-10H : Histoire-Géo (S1) / Anglais (S2)
10H15 – 11H45 : Français
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Jeudi matin
8h30-10H : Anglais
10H15 – 11H45 : Mathématiques
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Jeudi après-midi
13H30 – 15H : Ateliers interdisciplinaires (1/trimestre)
15H15 – 16H30 : Physique-Chimie

Vendredi matin
8H – 8H30 : accueil
8h30-10H : EPS
10H15 – 11H45 : Evaluations ( deux matières avec auto-correction)
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel
Vendredi après-midi
13H30 – 15H00 : Arts Plastiques / Musique
15H15 – 16H30 : Heure de vie de classe avec le professeur principal

Exemple d'EDT en classe de 3e

Lundi matin
8H – 8H30 : accueil couplé avec les 6e
8H30 - 10H : Français
10H15 – 11H45 : Anglais
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

12H-13H25 : pause méridienne

Lundi après-midi
13H30 – 15H : EPS
15H15 – 16H30 : Evaluations – socle commun (2 matières/semaine) avec auto-correction = deux sessions de 10 semaines + HDA

Mardi matin
8H : Orientation – travail personnel
8H30-10H : Technologie
10H15 – 11H45 : Mathématiques
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Mardi après-midi
13H30 – 15H : Arts Plastiques (S1) Musique (S2)
15H15 – 16H30 : SVT
16H30 – 17H15 : Latin

Mercredi matin
8H-8H30 : accueil des élèves (option : travail en salle sous responsabilité élèves)
8h30-10H : Histoire-Géo (S1) / Anglais (S2)
10H15 – 11H45 : Français
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Jeudi matin
8H-8H30 : accueil des élèves (ateliers divers)
8h30-10H : LV2
10H15 – 11H45 : Physiques/Chimie
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel

Jeudi après-midi
13H30 – 15H : Section Euro – DP3 – ou HDA/Orientation (une option obligatoire) - Oeuvre
15H15 – 16H30 : Français

Vendredi matin
8H – 8H30 : Tutorats
8h30-10H : Mathématiques
10H15 – 11H45 : Histoire-Géo
11H45 – 12H : metacognition – verbalisation – cahier personnel
Vendredi après-midi
13H30 – 15H00 : LV2/EPS
15H15 – 16H30 : Latin/ Projet personnel

En 3e, le nombre d'heures étant important, il devient difficile de caser des projets alternatifs et interdisciplinaires. Les élèves sont appelés à faire preuve d'autonomie et de responsabilités (accueil des 6e, évaluation des oeuvres des autres élèves). Les semaines bilan et thématiques prennent tout leur sens dans le cursus avec la semaine d'orientation notamment. L'orientation est l'axe fort des activités développées tout au long de l'année.


Ce projet n'est pas encore abouti, ce ne sont encore une fois que quelques pistes formulées, et qui de toutes façons nécessitent l'adhésion des équipes pédagogiques et administratives. L'objectif de ce billet est aussi :
  • de montrer que le changement pour un collège ouvert où les enseignements font sens et où  les élèves sont véritablement considérés comme des citoyens (formation à l'autonomie, aux responsabilités, à l'esprit critique) est possible
  • que le changement peut et doit venir des dynamismes d'établissement, et c'est ainsi qu'il faudrait considérer l'autonomie des établissements, plus pédagogique qu'administrative ou hiérarchique.


Il est probable que je revoie, complète, perfectionne ce projet à la lumière du colloque "Avenir du collège" qui  se tient mercredi 12 janvier 2010 à Paris, et auquel j'assisterai. 

lundi 27 décembre 2010

Cartographies numériques et Géographie scolaire

Cartographies numériques, néogéographie, cartographie 2.0., géoweb, les appellations se multiplient pour qualifier la "révolution" géomatique actuelle qui renouvelle les modes de production et de consommation de l'information géographique. Cette "révolution" est liée directement aux progrès permanents des nouvelles technologies : GPS, Internet, Web 2.0., SIG, globes virtuels... qui multiplient la production d'informations géographiques et envahissent le quotidien. Cette "révolution" permanente interpelle la Géographie scolaire, en offrant des possibilités nouvelles, en posant des questions sur la formation nécessaire à ces nouveaux usages numériques et sur la finalité de nombre de ces outils.
Cet article est conçu comme une introduction à ces nouveaux enjeux , basée sur quelques références glanées sur la toile et sur une indexation personnelle d'outils pouvant être pertinents pour l'enseignement de la Géographie.

Définitions et enjeux
Thierry Joliveau, qui enseigne la géographie, les concepts et méthodes géomatiques, l’analyse spatiale et les statistiques à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne (France) répond à cette question dans un article de vulgarisation. Apparu en 2005 avec Google Maps, le Géoweb est "une organisation par l’espace de l’information sur Internet  à travers un géoréférencement direct ou indirect sur la surface terrestre". Google Maps, le pionnier, est conçu comme un service de services, c'est une API qu'investissent les développeurs informatiques. D'autres concurrents comme Bing Maps ou Yahoo Maps suivent. Le Géoweb volontaire et contributif se développe également sous l'effet de l'explosion du web 2.0. Désormais, on explore le web par le monde, grâce aux services cartographiques, et on explore le monde par le web, grâce aux applications mobiles ( pensez au développement dela réalité augmentée). On se dirige également vers une information instantanée et ubiquitaire.
Loïc Haÿ distinguait il y a trois ans trois types de cartographies numériques :
  • le modèle de la cartographie SIG (système d'informations géographiques où l'information est produite et consultable par des experts, où la carte est un outil d'aide à la planification et à la décision
  • le modèle de la cartographie 1.0 où la carte est produite par des experts et consultable par tous : c'est un outil d'information et de communication
  • le modèle de la cartographie 2.0.où l'information géographique est produite et consultable par tous et la carte un outil d'interaction et de participation
Son diaporama explique et donne un aperçu des services du Géoweb qui ont fleuri sur la toile.
Cartographie 2.0

Renaud Euvrard définit la Néogéographie comme un ensemble de techniques et d'outils web se différenciant des traditionnels SIG, et qui concerne des personnes utilisant et créant leurs propres cartes, tout en les combinant avec leurs propres données. C'est un néologisme, tout comme le Géoweb, qui pour l'auteur, associe le web et les informations géographiques. Le géoweb se forme grâce aux outils de la néogéographie.
La cartographie sur Internet - De la néogéographie au géoweb

Enfin, Jérémie Valentin présente les actions-clés de la néogéographie dans une série d'articles (A quoi sert la Néogéographie ?) : Annoter, Commenter, Géoreférencer, Construire, Réagir, Contester, Cartographier, Représenter, Diffuser. Il s'interroge également sur le sens du terme de Néogéographie qui se rapprocherait d'une image de géographie amateur qui lui colle à  la peau, mais qui en même temps "ne reflète pas ou très peu les problématiques liées à la multiplication des géo-données ou encore au nomadisme des outils qui caractérise cet univers."


Actuellement, les débats ne semblent pas clos sur l'usage de termes tentant de conceptualiser une formidable explosion de la production et de la consommation de l'information géographique. Les évolutions rapides des outils et des systèmes ne simplifient pas ce travail de conceptualisation, les frontières entre SIG, wepmapping et cartographie collaborative étant de plus en plus floues.


Quels usages scolaires ?
 Les nouveaux programmes de Géographie du secondaire insistent tous sur le nécessaire usage de la cartographie numérique, des SIG et globes virtuels. En juin 2007, le café pédagogique a publié un dossier intitulé "géomatique : la déferlante Google Earth" qui montre bien les changements pédagogiques introduits par le populaire Globe Virtuel. 
Reste à savoir si utiliser les outils de géomatique, c'est faire de Géographie ?
Sylvain Genevoix rappelle quelques précautions d'usages face à ce nouveau rapport à l'image cartographique et à ce monde à portée de clics :

  • "Peu de réflexion sur les pratiques cartographiques avec l'ordinateur : quelle place pour  la discrétisation, les seuillages, la construction de la carte ? Comment réduire le décalage avec le croquis de synthèse papier du baccalauréat désormais ritualisé ?
  • Mise en garde contre les "effets de réel" : la carte de visualisation qui peut accentuer le cours magistral en vidéoprojection, ou  l'immersion dans la navigation 3D (du type simulation de vol) sans conduire aux apprentissages visés par la cartographie et  la géographie. 
  • Un encouragement à utiliser les SIG pour faire de la géographie : outil d'analyse spatiale et d'investigation avec de vraies requêtes spatiales attributaires, même si les pré-requêtes du Géoportail ou d'Edugéo sont déjà une entrée."
D'autant plus que le Géoweb est soumis à critiques :
  • Amateurisme : n'importe quel internaute peut produire une carte à partir de données personnelles
  • Manipulation : que la carte émane de particulier ou de sociétés privées
  • Intrusion et problème de respect de la vie privée : les nombreux services web 2.0. collectent et partagent les informations personnelles des utilisateurs, parfois à leur insu. En France, une loi oblige à demander l'autorisation pour utiliser ces informations aux internautes. Mais la loi est parfois dérisoire face à des sociétés basées à l'étranger
  • Informations partielles : de nombreux territoires sont délaissés ou en marge de cette production d'informations géographiques. Les villes des pays développés sont sur-représentées. Il suffit de penser au zonages de définition différents dans Google Earth
  • Question sanitaire : des débats existent aussi sur les usages intensifs d'appareils transmetteurs d'ondes (téléphones portables, GPS, antennes diverses, wifi...)
  • confidentialité et diffusion de données privées et publiques : au profit de qui, avec quelles limites ? A signaler que de plus en plus d'Etats, de collectivités et d'institutions partagent leur données géolocalisées, comme l'INSEE par exemple ou encore la Banque Mondiale.
  • le modèle économique du Géoweb interpelle. Elle collecte les données privées, peut les revendre, certains services disparaissent...
Quand Facebook utilise les données géo-localisées !




Pour parvenir à ce résultat, Paul Butler, ingénieur statisticien chez Facebook, a analysé un échantillon de 10 millions de « paires d’amis » : 
  • les infos sur leur localisation géographique
  • l’intensité des connexions obtenues : plus le nombre de connexions entre deux points est important, plus le trait qui les matérialise tire vers le blanc
Source : Décibelles


Pourquoi utiliser le Géoweb dans la Géographie scolaire ?
J'emprunterais à Thierry Joliveau, de nouveau, les deux premiers arguments :
  • "Analyser les données du geoweb nécessite une culture géographique solide." Elle concerne l'Etat et les collectivités, les sociétés privées, les scientifiques aussi. Elle pose la question de l'accès et de la gestion de masses de données fabuleuses. La question de la formation à cette masse d'informations est un premier défi à relever avec les élèves. C'est un enjeu à la fois lié à la Géographie enseignée et à la citoyenneté.
  • "Le GéoWeb est censé servir au public en ordonnant géographiquement l’Internet et en facilitant l’accès à l’information quand et où on en a besoin." Les usages du Géoweb se multiplient, inutile de lutter contre, mieux vaut former aux usages et à la culture numérique.
  • Si les SIG restent un outil à plébisciter, le Géoweb propose souvent des services gratuits (ou partiellement) fiables et performants, comme le Géoportail, Géoclip. Ainsi, le Géoweb est de plus en plus investi par de nombreuses institutions. D'autre part, le GéoWeb n'est pas uniquement sujet à la marchandisation des données. Des projets comme OpenStreetMap propose de créer une carte open source de la planète, de manière communautaire et collaborative.
  • Ces outils permettent de plus en plus d'établir des discrétisations de données ou des requêtes attributaires qui restaient jusqu'à peu l'apanage unique des SIG. Ces opérations sont essentielles dans la démarche de l'analyse et de la construction cartographique.
  • en conséquence, dans nos classes, le professeur dispose d'un panel d'outils et de services géographiques plus ou moins simples, interactifs, ne nécessitant pas d'installation sur des portes en réseau. Bref, tout un ensemble de simplicités fonctionnelles non négligeables.
Pour conclure, je vous propose ma sélection d'outils de cartographie interactive, sur un bureau symbaloo qui sert en stage de formation dans l'académie de Rouen. 



Ainsi que notre groupe pearltree "géomatique
géomatique


Pour rester à jour de l'actualité géomatique, le site de veille géomatique de l'INRP est incontournable !

mercredi 22 décembre 2010

idée reçue : les jeunes ne connaissent plus la chronologie

napoleon

C'est une idée communément admise, comme la baisse du niveau orthographique, les jeunes ne connaissent plus la chronologie. C'est une idée qui fait florès actuellement, rencontrant un fort écho médiatique. Dans le Monde Education du 15 décembre 2010, une pleine page accordée à Bertrand Tavernier affirmait qu' "on n'enseigne plus la chronologie", ce qui est encore pire puisque cela ne relève pas seulement de la nullité des élèves, mais aussi de leurs profs complices d'appliquer des programmes déstructurants pour nos élèves. Cette idée s'accompagne toujours d'une autre, celle du "c'était mieux avant", qui a un illustre fondateur : Socrate se désolait déjà du comportement face à l'école des jeunes athéniens. Pour illustrer ces dires, Bertrand Tavernier prend un exemple imparable, quasi-universel, vécu face à une classe de seconde. A la question de savoir qui a composé la Marseillaise, ces béotiens auraient unanimement répondu Zidane. Bon l'exemple n'a rien de chronologique mais la messe est dite. L'anecdote prêterait à rire si elle n'émanait pas d'un cinéaste plutôt averti de la chose historique, mais visiblement pas de son enseignement.

Car paradoxalement, l'acquisition des repères historiques n'a jamais disparu des programmes, c'en est même une constante. Qu'entend-on par maîtriser des repères chronologiques ? C'est non seulement associer une date ou une période à un événement mais également savoir le mettre en contexte, le situer dans une échelle de temps plus vaste. C'est aussi savoir en mesurer la signification et la portée. Ce travail est mis en oeuvre dans le quotidien des classes. Il dépasse la simple chanson des dates, comme la chanson alphabétique précède tout apprentissage de la lecture. Les nouveaux programmes du collège, si décriés par les réactionnaires de tous bords, comme leurs programmes précédents, font la part belle à l'acquisition et l'utilisation de repères historiques. Au collège, à l'issue de la scolarité obligatoire, les élèves sont censés maîtriser un ensemble de dates et d'événements significatifs pour la compréhension du monde d'aujourd'hui. Actuellement, et jusqu'en 2012, la liste référence reste celle des programmes de 1997. A partir de 2012, et faisant suite aux nouveaux programmes mises en oeuvre depuis 2009, la liste s'est légèrement allongée, contrairement à ce qu'une lecture rapide pourrait laisser penser. Il est en effet plus facile de rajouter des repères qu'en supprimer (et quelle levée de boucliers si un repère disparaît !), et la culture encyclopédique est encore la culture dominante dans l'école française. Voici donc la liste des repères à maîtriser aux pages 47-48 du programme de 3e. Il y en a plus de 50 !
Pour vérifier l'acquisition de ces repères, les élèves sont conditionnés pour un exercice de l'épreuve du brevet des collèges, qui pour les repères historiques représente généralement la modique somme de 3 points sur les 40 mis en oeuvre. On demande aux élèves d'associer une date et un événement, faisant fi de toute mise en contexte, évitant d'interroger toute réflexion a fortiori chronologique. Non, on vérifie la chanson chronologique, l'alpha-bêta de l'enseignement de l'histoire sans laquelle rien n'est possible ! L'exercice présente plusieurs avantages :
  • celui de revoir rapidement des événements et des notions étudiées les années précédents la troisième, un peu comme la colonne vertébrale donnant sa légitimité et sa verticalité chronologique à l'enseignement de l'histoire au collège. 
  • celui de pouvoir noter très facilement ! 1 point pour l'association date-événement, 1/2 point pour l'un des deux si le prof est "sympa", tout ceci paraissant parfaitement rationnel.
Dans la pratique de la classe de troisième, l'acquisition de ces repères, dont tous n'ont pas été étudiés pas les élèves faute de programmes chargés non bouclés, est un devenu un rite de passage caractéristique de l'enseignement de l'histoire et symptomatique d'une distance qui s'accroît peut-être entre les exigences institutionnels (que portent les professeurs) et l'attitude désabusée des élèves face aux apprentissages. Apprendre la chronologie ainsi suscite l'ennui, l'incompréhension, et c'est très chronophage pour une récompense somme toute minime. Voila aussi pourquoi de nombreux élèves n'hésitent plus à sacrifier ces trois points du brevet, et au grand dam de leurs professeurs et des réactionnaires cités plus haut, à SACRIFIER LA CHRONOLOGIE (mécréants !)

Est-ce à dire qu'il faille supprimer cette épreuve ? C'est une étape que j'oserais franchir sans complexe : au diable la chanson chronologique ! Ses effets pervers dépassent largement ses bienfaits, en confortant l'image d'une discipline où ce qui prime, c'est le "par coeur" ! C'est pas dur l'histoire, c'est du par coeur, si tu apprends, tu réussis. Pour y arriver, il faut donc fournir des efforts ! Il y a donc des élèves qui accèdent à ce savoir, et d'autres qui resteront au pied du socle chronologique. A conforter la mémorisation de dates-événements, on sacralise la chronologie inscrite dans une ligne de temps d'apparence immuable. Certes, on ne change pas les faits du passé, mais on sait aussi que leur valeur change selon les époques; Voltaire se moquait de Jeanne d'Arc avant que sa figure ne soit portée par Michelet pour aujourd'hui être exploitée par l'extrême-droite française. La bataille de Bouvines resurgit autour de 1870 comme la première victoire française contre les Allemands ! Une chronologie sacralisée, c'est aussi le signe d'une histoire téléologique servant les discours politiques, comme le roman national, bien éloignée des exigences et compétences intellectuelles que doit développer chez les élèves l'enseignement de l'histoire.

Le travail chronologique reste au coeur de l'enseignement de l'histoire : que transmet-on ? comment fait-on ? quelques propositions qui n'engagent que moi :
  • en finir avec les 50 dates à connaître par coeur au brevet. Ce n'est qu'un vernis de connaissance bien inutile pour les élèves. Qui, à part les professeurs d'histoire, est capable de tous les maîtriser au quotidien (et au passage empocher systématiquement le camembert jaune au trivial pursuit) ? Cela ne signifie pas abandonner l'apprentissage et l'usage de repères dans l'étude des différentes séquences historiques.
  • réfléchir aux exigences de connaissances à l'issue de la scolarité obligatoire dans une vision qui ne peut être encyclopédique. On peut exiger des élèves à l'issue de l'enseignement obligatoire qu'ils maîtrisent les grandes périodes historiques, qu'ils puissent en donner les principaux héritages dans le monde d'aujourd'hui, qu'ils puissent mettre en contexte un événement de rupture chronologique (1492, 1789...) en montrant leur part de construction historique (pourquoi avoir choisi cette date-là ? Est-ce perçu de la même façon ailleurs ?). 
  • passer d'une logique de la connaissance à une logique de la compétence. L'élève doit acquérir une méthode et une réflexion face aux événements. Il est plus précieux de savoir interroger une date, de la mettre en relation dans une époque et un contexte historique. C'est une démarche intellectuelle plus stimulante et plus exigente. 
  • établir une réelle progression dans l'apprentissage de la chronologie. Sur ce point, il faudrait être beaucoup plus méfiant concernant l' usage trop courant des frises chronologiques (vision téléologique) et savoir prendre en compte les rythmes de développement de l'adolescent. En 6e, la chronologie et le repérage dans le temps sont encore abstraits pour beaucoup d'élèves, comment alors l'aborder selon leur niveau de développement ? 
En gros, il s'agit non pas d'évacuer la question de la chronologie mais de (continuer à) l'intégrer réellement dans l'enseignement de l'histoire. De passer ainsi de la connaissance de la chronologie à la connaissance de l'histoire.

Commentaires contradictoires et courtois autorisés et non modérés ;-)

dimanche 28 novembre 2010

Stage PCD : cartographies numériques

Stage réalisé au collège Arthur Rimbaud de Saint-Aubin-lès-Elbeuf le 29 novembre 2011 par le pôle de Compétences disciplinaires (TICE) d'Histoire-géographie de l'académie de Rouen



Le symbaloo du stage présente les ressources scientifiques (quelques-unes sur le thème de l'EDD, au coeur des nouveaux programmes de Cinquième et de Seconde)


Le pearltree des modules de formation pour apprendre à utiliser Google Maps, les atlas numériques interactifs et Géoclip

stage carto interactive

dimanche 21 novembre 2010

Partage de liens : mon pearltree "pédagogie"

pédagogie
Ce peartltree recense de nombreux liens récoltés sur la toile, le plus souvent via le filtre de mon réseau sur Twitter. Contrairement à une carte mentale, je n'ai pas hiérarchisé l'info. Evolutif, ce pearltree n'a aucune prétention à l'exhaustivité. Vous pouvez y "picorer" des articles et des sites intéressants (ou pas !). Pour avoir un aperçu du lien, passez la souris sur une perle. Enfin, si vous êtes inscrit à Pearltree, vous pouvez récupérer cet arbre de perles.